گروه فرانسه دانشگاه تربیت مدرس با همکاری دانشگاه لورن فرانسه برگزار می کند

گروه فرانسه دانشگاه تربیت مدرس با همکاری دانشگاه لورن فرانسه برگزار می کند

بسمه تعالی
سمینارهای تخصصی گروه فرانسه دانشگاه تربیت مدرس
گروه فرانسه دانشگاه تربیت مدرس با همکاری دانشگاه لورن فرانسه برگزار می کند :
سمینارهای تخصصی مطالعات زبان، فرهنگ و تحلیل گفتمان با حضور دریس آبلالی
موضوع کلی : نقش حایل های فرهنگی در تولیدات زبانی و دریافت معنا
موضوعات تخصصی و زمان برگزاری : ارایه توسط دریس آبلالی
شنبه 22/1/94 : نشانه- معناشناسی ژانرهای گفتمانی. ساعت 5-3
یکشنبه 23/1/94 : جایگاه و نقش نومریک به عنوان ابزاری اجتماعی. ساعت 5-3
دوشنبه 24/1/93 جایگاه سوسور در نظریه های گفتمانی کنونی و جدید در فرانسه چیست و چگونه قابل تبیین است ؟ ساعت 5-3
Dans le cadre du projet Jundishapur, le Département de français de l’Université Tarbiat Modares organise trois séminaires en collaboration avec l’Université de Lorraine. Ces séminaires seront assurés par Driss Ablali le 11, 12 et 13 avril 2015 de 15 h. à 17 h. à la salle de Shohadaye Gomnam de la Faculté des Lettres. Ils porteront sur les thèmes suivants :
1) Sémiotique des genres de discours

Il essaiera de montrer sur différents corpus que l’accès au sens ne se fait que par
médiation. Il n’y pas un accès direct au sens, mais toujours une médiation, qui
peut être de diverses natures, et s’exercer à différents niveaux de la textualité. Il
y a tout autant médiation des discours, des genres et, si l’on peut dire, médiation
du support, autrement dit du média lui-même. L’une des médiations possibles est
celle des genres de discours, qui sera présentée, non pas comme une catégorie
taxinomique, mais comme une catégorie essentielle pour l’interprétation du sens
sur corpus. Les genres étant alors envisagés comme un ensemble de contraintes
ou de conditions de possibilités du sens.
2) Le numérique comme outil de sociabilité
Contrairement à certains travaux venant de la sociologie des médias et de la socio-anthropologie qui déplorent le danger du numérique (Le Breton), cette contribution cherche à faire entendre une voix différente en vue de montrer comment le numérique participe aujourd’hui à l’émergence d’une nouvelle forme de sociabilité. Nous nous proposons dans cette communication de nous pencher, non sur la question de la domestication des machines en rapport avec la disparition du lien social, mais sur les relations entre numérique et souffrance sociale en développant plus particulièrement la question des écrits numériques dans le milieu associatif, comme un outil pour rompre l’isolement social et la déréalisation.
Ce travail porte sur un corpus qui traite de la souffrance, où tous les textes écrits sont des textes numériques écrits par un public en situation de grande détresse, venant des quatre coins de l’hexagone, et destinés au milieu associatif. Dans le dispositif d’écoute mis en place par l’association dont sont issus les textes de notre corpus, et que nous appelons « association Y », plusieurs supports de communication sont à la disposition des souffrants : le téléphone (depuis les années 60), le courrier électronique (depuis 2000) et le chat (depuis 2006). Si l’écoute par téléphone reste le moyen le plus classique pour faire part de sa détresse, le virage numérique a pour principal objectif de répondre à la souffrance d’écrivants de plus en plus nombreux à se livrer à travers le clavier plutôt qu’au téléphone. Car l’environnement numérique, comme le dit Doueihi, « est un phénomène culturel impulsé par les adaptations sociales d’innovations technologiques » (2012 : 17). Telle est l’expérimentation que l’on se propose d’étudier dans le cadre de ce colloque pour montrer sur corpus que l’usage du numérique n’est pas à l’origine de la disparition du lien social. C’est précisément à ce niveau qu’il s’agit, selon nous, de restituer le rôle que jouent les « liaisons numériques » (A. Cassili 2010) dans l’éradication de la solitude pour un public souffrant écouté/accueilli par le milieu associatif,
Pour défendre cette hypothèse, nous procéderons en trois temps. Nous examinerons d’abord la question du rapport entre anonymat numérique et dévoilement de l’intime pour essayer de comprendre l’impact du numérique « sur l’activité humaine et les transformations fondamentales qu’il engendre ». Ensuite, nous montrerons, toujours avec des exemples attestés sur corpus, à travers la question de la médiation des genres de discours (Rastier 2010, Latour 2012), ici la messagerie électronique, que l’émergence d’une nouvelle pratique discursive est corolaire de l’existence d’une communauté d’usage que nous appelons une « communauté générique » (Ablali 2014). La dernière étape sera axée sur les marqueurs multi-sémiotiques qui démontrent à l’évidence que les textes numériques, issus de notre corpus, relèvent bien d’une culture de l’écrit (J. Goody), grâce à des constantes morpho-synatxiques, énonciatives et stylistiques qui sont sans doute interprétables comme des « corrélats génériques » au regard de leur récurrence.
3) Que faire, que penser des « notes sur le discours » dans les théories du discours aujourd’hui en France ?
La visée de cette contribution est d’ordre épistémologique. Il s’agit d’essayer de comprendre le « retour à Saussure » à travers des textes qui demeurent encore assez largement méconnus et que les Écrits de Saussure depuis presque quinze ans ont pu rendre accessibles.
Comme tous les retours – retour à Wittgenstein, à Bakhtine, à Vygotski –, celui-ci ne s’effectue pas non plus dans des conditions pleinement euphoriques. L’histoire éditoriale singulière des textes saussuriens de linguistique générale ne cesse de diviser les linguistes. Le fossé s’élargit de plus en plus entre ceux qui considèrent que des différences majeures existent entre les deux Saussure en insistant beaucoup plus sur les divergences que sur les convergences, et ceux qui voient que les thèses fondamentales du second sont déjà présentes dans les éditions critiques (1968-1974) du CLG par R. Engler et ne sont pas récusées par la suite. Dans cette contribution, l’accent sera mis sur tout ce qui relève directement de la notion de « discours » et sur son impact sur les théories du discours aujourd’hui en France. Qu’on se rassure toutefois : ce que j’en proposerai ici en est un échantillon infime. On l’a compris : la prudence la plus méticuleuse s’impose. La route est, certes, bien fructueuse pour le philologue, mais riche en carrefours dangereux. Trois théoriciens du discours seront étudiés à partir de ce retour aux Écrits : et J.-M. Adam, J.P. Bronckart et F. Rastier. Que deviennent « les discours » dans les travaux des repreneurs actuels de ces notes ? Quel usage en est-il donné qui lui permet à se positionner vis-à-vis des autres concepts déjà établis ? Et sur quoi se basent-ils empiriquement pour soutenir qu’il existe ou pas chez Saussure une conception du discours qui a pour objectif de théoriser le discursif, une conception donnée comme un programme disciplinaire qui prescrit des pratiques ? En termes plus précis, Saussure serait-il aujourd’hui un linguiste du discours ? Ce que je cherche à pointer avec ces questions concerne le « fond commun » sur lequel ces théories du discours, évidemment dans la variété des usages, reposent pour envisager, dans la diversité de leur approche du discours, les « notes sur le discours » avec une épaisseur discursive qui va au-delà du syntagme. C’est donc à un exercice de réflexivité qu’invite la présente contribution.

Note biographique:
Driss Ablali, membre du Centre de Recherches sur les Médiations (CREM), est professeur à l’Université de Lorraine, où il enseigne la sémiotique des textes et des discours. Il est directeur de l’équipe Praxitexte du CREM. Son domaine de recherche concerne l’analyse des discours sur corpus et l’histoire des théories sémiotiques. Il a récemment dirigé le numéro de la Pratiques, n°157-158, Théories et pratiques des genres, Université de Lorraine, publié en 2009 : Vocabulaire des études sémiotiques et sémiologiques, Paris & Besançon, Champion & PUFC, en collaboration avec D. Ducard (dir.), 312 pages, et Analytiques du sensible, Limoges, Lambert-Lucas, en collaboration avec S. Badir, (eds), 280 pages. Il est responsable scientifique de l’ANR CEMES pour le pôle de Metz.
Mon domaine d’activité concerne l’analyse des discours sur corpus et l’histoire des théories sémiotiques et linguistiques. Dans le cadre d’une approche textuelle que j’appelle SÉmiotique des Genres sur COrpus (SÉGECO), j’ examine, depuis quelques années, les caractérisations multi-sémiotiques de différents genres de discours en considérant que les corpus sont aujourd’hui les seuls moyens d’accès à une telle entreprise.

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